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A Jérôme...

Au dessus du vide avec Jêrome, Yémen

Au dessus du vide avec Jêrome, Yémen

Passants,

Nous avons été comme vous,

Un jour vous serez comme nous,

Pensez y bien.

-Inscription lue sur le fronton de l'ancien cimetière de Saint Saturnin, devenu square-

 

 Ce qui est visible dans la relation, débuta par une certaine timidité et un respect certain qui te signent si bien, le jour où tu demandas à Marie si j'aimerais marcher avec toi.

 

Nous mélangeâmes alors efforts et âmes sous la pluie et dans la boue entre le col des Morts et la grotte de Marie-Madeleine. Je nous revois courbés sous les frondaisons ployantes sous une pluie flagellante, marchant reliés l'un à l'autre par deux bâtons de ski.

Le samedi suivant, au rendez-vous de Moa'dim, avec Yvan Amar, celui-ci, amusé, me fit venir auprès de lui sur l'estrade et me demanda de parler devant l'assemblée de ma dernière aventure.

 

Puis tu allas vivre sur cette terre d'Afrique noire que tu portes dans ton coeur, et toi et Marie-Josée, ta femme, nous y invitèrent.

 Quand nous sommes arrivés dans le salon de votre maison, j'ai dit à

Leïla, deux ans et demie :

" Nous te parlions d'Afrique depuis longtemps, hé bien nous y sommes ! "

 

Et elle en a conclu alors que l'Afrique c'était votre maison, tant et si bien que lorsque nous allions nous promener en voiture, en ville ou en brousse, pour elle nous étions dans un pays sans nom. Et c'est seulement lorsque nous franchissions les grilles de votre parc qu'elle disait :

" Voilà, nous sommes en Afrique ! "

 

Bénarès, en 2004, petit hôtel donnant sur Ganga et sur un ghât de crémation.

 Des heures assis côte à côte dans un Smashan auprès des bûchers à observer ce à quoi nos propres corps sont destinés. Initiatique lieu, où dans les pleurs et les émotions de ceux qui incinèrent leurs proches, se déploie l'implacable loi du monde visible : " ce qui naît doit mourir ".

 

En 2008 nous étions au Yémen à pied et en sac-à-dos, voyageant sans

intention alors que le gouvernement de ce pays n'admet guère les curieux se déplaçant sans programme.

 

Sanaa

Sanaa

Nous avons menti au ministère du tourisme en leur fournissant un
itinéraire daté pour les tranquilliser, en inventant un quatre-quatre et son chauffeur qui nous attendaient dans un garage imaginaire. Puis nous prîmes les transports en commun, souvent nos pieds pour crapahuter dans les oueds asséchés , une moto pour vagabonder le long du littoral de la mer Rouge et rejoindre la mythique et ruinée ville de Moka.

Il y eut d'autres aventures, moins géographiques et plus au coeur des
comportements humains.
Ce matin de soleil automnal où nous devisions en flânant dans un  cimetière, ton regard rencontra ce texte gravé sur une tombe :

                                            " Roi, vois ta destinée
                                              Esclave, vois ton repos
                                              Beauté, vois ces os
                                              Savant, vois ce crâne vide
                                              Riche, vois cette poussière
                                              Pauvre, vois ce monde. "

ghat de crémation, Bénarés

ghat de crémation, Bénarés

Vivantes furent ces retrouvailles en 2002 dans une gare ; tu venais
de parcourir plus de mille kilomètres à pied et en dormant dehors entre Toulon et Lisieux !
On aurait dit que ce pèlerinage avait dissout en toi de vieilles sédimentations!

Les paysages, les rencontres et les difficultés ne t'avaient pas ajouté leur poids. On aurait dit qu'ils t'avaient savonné, brossé, lavé, rendu presque transparent.

Entre nous il y a des cyclones dans l'air et de la douceur.
Drôle de situation entre toi et moi où le feu côtoie le calme ! Si je te reconnais c'est que je te connais depuis déjà fort longtemps.
Frères de sang, nous avons tant guerroyé ensemble ; J'ai pansé tes plaies, tu as pansé les miennes ; deux doigts de la même main.

Il suffit, Jérôme, que je pense à nos errances, et la bienveillance de ta main se pose sur mon bras.

" Parmi les textes de mon calepin, m'écris-tu, il y a celui-ci que
je te donne car il me semble que tu pourrais en faire quelque chose en raison de son sens et de tes recherches:
" Le nom naturel des êtres et des choses est le son produit par l'énergie qui constitue cet être ou cette chose "

Non Jérôme je n'en ferai rien, je le livre tel quel, il parlera au lecteur ou ne parlera pas !

Quand les prochaines bulles, bulles de champagne, nous réuniront-elles ?

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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