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A Françoise Niesulkowski

Avec Françoise au mexique

Avec Françoise au mexique

" Tous les hommes font la même erreur :
ils s'imaginent que bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent ! "
Léon Tolstoï

 

Avec Françoise nous avons passé près d'une année à voyager entre le
Québec, les USA, le Mexique, le Guatemala et le Belize. C'était en 1979
et 1980.( Le Belize était un pays dont nous n’avions encore jamais entendu prononcé le nom)

Puis la Vie nous sépara, et récemment nous mit à nouveau en relation...

Françoise me rappela alors un événement naufragé dans une de mes oubliettes mémorielles:

Un matin de très bonne heure, au Guatemala, le réveil sonna et nous ne
pûmes nous résoudre à nous lever, bien que l'autocar partait sous peu et
klaxonnait à travers tout le village pour annoncer son éminent départ.
Allez savoir pourquoi les dieux nous refermèrent les paupières, toujours
est-il que lorsque nous prîmes le second bus, nous découvrîmes avec effroi que son homologue, dans lequel nous devions voyager, avait terminé sa vie
avec celle de ses passagers dans le fond d'un ravin vertigineux.

Merci Françoise de m'avoir rafraîchi la mémoire, je comprends maintenant pourquoi je me sens un peu crispé quand je suis passager d'un transport en commun qui zigzague dans un col avec un précipice à côté de lui !

Nous avons évoqué un autre épisode qui eut pu tourner au drame.

C'était dans l'état du Guerrero, au Mexique, en fin d'après-midi, sur une route qui longeait l'océan, pas pacifique du tout si j'en jugeais par le fracas de ses vagues qui s'écrasaient sur la falaise en contrebas.

A Françoise Niesulkowski

Nous étions trois, toi Françoise, 18 ans à peine, blonde, Lisette,

une québécoise et un aveugle de 23/24 ans, et nous ne pesions pas lourds
sur le plateau de la situation  pour modifier notre destin. Du moins c'était
ce que je me faisais croire au moment où de jeunes militaires, au sang
bouillonnant et armés jusqu'aux dents, nous avaient obligés à descendre d'une voiture, prétextant des contrôles de papiers. Etrangement ils avaient vite congédié le chauffeur, acte peu rassurant dans ce proche crépuscule.
   Nous  nous retrouvions là, au milieu de nulle part, terre craquelée et
végétation rare, avec ces jeunes excités qui comptaient profiter de leur
pouvoir pour nous garder avec eux dans ce campement à mille lieus de toute habitation.
   Leurs intentions libidineuses étaient à peine masquées, et je savais qu'impérativement nous devions nous enfuir d'une manière ou d'une autre avant que la nuit nous condamne à subir leur plan.


   Il y avait très peu de véhicules à cette époque-là sur cette route qui
filait d'un côté vers Acapulco et de l'autre côté vers Puerto Escondido.
Nous étions plutôt inquiets, surtout que les blagues grossières
commençaient à circuler entre ces soldats loin de toute distraction.
   Pour ma part je rageais dans mon for intérieur, contre cette cécité qui
faisait de nous des proies faciles pour ces prédateurs.
  Etre victime d'avance, voilà le piège dans lequel je nous fourrai comme si
la vie était linéaire et forcément prévisible ! Toujours cet antagonisme :
je veux le meilleur mais je crois au pire !

   Mais, je ne sais comment, la Vie me montra qu'il ne faut pas s'engouffrer
dans les sous-menus imaginatifs de la pensée.

   Une voiture s'arrêta, les militaires tentèrent de dissuader le conducteur
de nous prendre à son bord, mais notre homme appréhenda d'un coup d'oeil la
situation délicate où nous nous trouvions. Il nous fit monter dans son
véhicule providentiel et démarra sans plus se préoccuper des invectives de
ces jeunes gens en arme, visiblement déçus.

Belle vie à toi Françoise au bord des dunes normandes.

   Et continue à aimer les chats, toutes les créatures ont soif d'amour, d'un
amour qui n'étanche pas la soif mais l'intensifie .

A Françoise Niesulkowski
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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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shandora 17/01/2010 16:54


c'est drôle quand même la vie, car en lisant tes histoires, c'est plutôt moi, à qui tu ouvres les yeux...parfois, et c'est ton cas, les non-voyants voient bien mieux que nous!