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Le chameau d'or de la vanité

Le chameau d'or de la vanité
Le chameau d'or de la vanité
Le chameau d'or de la vanité
Le chameau d'or de la vanité

Yunus Emre, tu le sais, « rien ne pousse dans un cœur de pierre »

Aube soyeuse, descente du train, mon guide blanc dans la main

Mon bâton d’aveugle ouvre, non, ouvrait, le chemin

Électrochoc, un voleur m’a arraché ma seule lumière !

 

Le chameau d’or de la vanité meurt de soif devant le puits plein

L’écho n’est pas autre que la voix qui appelle

Taptuk, toi l’aveugle inspiré, où est l’étincelle ?

Je m’asseois sur le quai. « Mort est l’homme qui se plaint. »

 

J’en ai marre de boire dans la tasse brisée de la vie

Ô Taptuk, où est l’intemporel fil d’or qui raccommode le manteau déchiré de l’âme ?

Merde alors, dans mon jeu, beaucoup de cartes noires et rarement le cœur rouge de la dame

L’imprimerie a séquestré la poésie vivifiée par l’oralité.

 

S’asseoir, respirer, ne pas céder à l’appel de la victime

Un aveugle sans bâton

Est-ce un homme sans poumon ?

« Fais confiance, même pour l’aveugle la canne blanche n’est pas la lumière ultime. »

 

Quelqu’un, anonymement, rapporte ma canne subtilisée

La vie m’invite à être confiant quoi qu’il arrive

On dirait que de toute éternité je m’attends sur l’autre rive

Le film « Midnight Express » m‘a démoralisé.

 

Sandwich au maquereau au bord du Bosphore

De notre balcon et à travers tes yeux aimants, rubis de grenade sur ciel bleu

Perdus dans la nuit glaciale de venelles pentues, et amoureux

Tu sais, Istanbul, Pierre Loti n’a pas épuisé toutes les métaphores.

 

Büyükada, sous nos pieds entremêlés la mer de Marmara

Sa peau douce raconte l’histoire de la Méditerranée

Au bout de ma langue l’épice de ses abîmes safranés

Nasruddin : « Je donne mon âne à celui qui le retrouvera. »

 

Anatolie, nuit de peur et de loups hurlant dans les collines

Pain, halva, dattes, duvet, allumettes, neige poudreuse, il fait atrocement froid

Dans la violence du vent de la steppe grise, entendre la parole sans voix

« Le monde, disait Mevlânâ, est une taverne de ruines. »

 

Karim le derviche : « Ton cœur est ignorance joyeuse »

Les hommes égarés ont perdu la clé dans le noir

Hélas, le plus grand nombre la cherchent dans la lumière de l’espoir.

N’être plus que pure attention amoureuse.

 

Dans l’amphithéâtre d’Éphèse une voix anonyme célèbre le lieu

Avec l’enfant Leïla, volons les miettes d’un temple pour le frisson partagé de l’interdit

Auto-stop, des gamins nous jettent des cailloux d’un taudis

Au pied du mont Ararat nous nous faisons harceler par de faméliques chiens pouilleux.

 

Dans une taverne sordide une putain parfumée au rahat loukoum m’offre un raki

Marier un Français, pour elle, la promotion

Mon Aziyadé dans le marc de café me conseille de faire attention

Au fait, Taptuk, toi qui as ouvert une porte dans la crypte de l’amour, je suis qui ?

 

Dans leurs cocons attendent patiemment les vers à soie avant d’éclore

Feu de bois, plage déserte sur la mer Noire

Poissons grillés, un vieux pêcheur nous raconte des histoires

Nous ne comprenons pas ses mots mais l’amitié nous réunit jusqu’à l’aurore.

 

 

 

Le chameau d'or de la vanité
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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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GEORGES 26/11/2016 14:52

Merci pour tout, très beau ce que tu écrit, et ce que tu fais!

Jean-Pierre Brouillaud 26/11/2016 17:28

Un bonjour du festival quais du départ.de Lyon