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J’habite un pays qui n’existe pas

Collage d'Evelyne Denize

Collage d'Evelyne Denize

J’habite un pays qui n’existe pas

Il se trouvait au bout de l’envie de le découvrir

Quand j’ai cru l’atteindre son néant me rattrapa

Un céleste pont de tempête et de feu entre vivre et mourir.

 

À l’époque où je prenais lieux et gens pour leurs noms

Le petit Poucet m’avait donné des cailloux

Je me suis mis à vivre à reculons

J’avais perdu la nostalgie de l’homme debout

 

O Mnémosyne, captieuse déesse de la mémoire

Pourquoi fascines-tu l’homme avec tes miroirs fragmentés ?

À contre-courant j’ai dû regagner la source pour boire

À l’eau claire de l’audace et des désirs illimités.

 

Ici l’Albanie, je pense à mon aîné Kazantzakis,

Plage caillouteuse de la baie bleue de Porto Palermo

Le fils de Zorba m’invite à boire sans fin du raki

Un poing dressé, une main ouverte, Victor Hugo.

 

J’ai vu la cécité, je l’ai faite mienne,

J’ai vu la dépendance, je l’ai apprivoisée,

De la mer Caspienne à la mer Ionienne

Entre elles et moi un lien embrasé.

 

L’aveuglement de l’âme prend source dans l’avidité

Celle d’avoir voulu voir à tout prix la terrifiante Gorgone

Après cette rencontre l’homme fut réduit à la fixité

Sourire du Tao, la vie n’est ni mauvaise ni bonne.

 

Je n’ai cru ni raison, ni folie, ni sages

J’ai jeté les cailloux du petit Poucet en cheminant à travers les Météores

Je ne voyage pas pour les paysages

Ascensionnelle ivresse du santal de Mysore.

 

Écho de parfum ranimant des souvenirs

Fumée âcre de bois d’eucalyptus au Pérou

Comment l’Albanie, jusqu’à cette plage, m’a-t-elle fait venir ?

Vétiver d’un savon dans une douche surchauffée à Johor Bahrou.

 

Nostalgie de l’incréé dans un grain de sable

En face de la plage, Corfou, le colosse de Maroussi

Ô Lawrence Durrell, ô Henry Miller, dressez la table

On va trinquer ce soir et rire jusqu’à la parousie.

 

Trinquer pour célébrer l’éveil de l’esprit

Rire parce que la parousie vient d’un temps d’avant le temps

Royalement gaspiller sa vie parce qu’elle n’a pas de prix

Avalanche minérale, clitoris de rochers scintillants.

 

Thym, menthe, oliviers et ciel de mer renversé

Est-ce que le rêve invente un rêveur ?

L’autre jour, demain, la femme de lune et de miel je l’ai embrassée

Dans la forge de mon ventre tournoient des ardeurs.

 

Zorba surgit : « Laisse-toi inviter par la terreur sacrée »

Il me convoque jusqu’à ne plus savoir le vrai du faux

La créature est le puits sans fond du verbe qui crée

Me reste à chanter la passion et le désir avec Sapho.

Collages d'Evelyne Denize
Collages d'Evelyne Denize

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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geko 14/07/2016 18:52

waou j'avoue je kif sérieux ceux qui ont écris sa doivent être bien foncedé dans le sens être dans une autre consience comme l'on dit il y a vraiment de la bonne peunchline soit de la bonne rime consientiser franchement c'est vraiment dla balle j'avoue j'adore lire des truc comme ça

Hornick Christian 14/07/2016 14:34

Très bon ....... Raimbauld sans l'abscinthe
le corps d'un prochain ouvrage est en train de se constituer
Christian