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Depuis que j'ai mangé la nuit...

Soulages.

Soulages.

Je me croyais rendu au bout de l’impossible

Un papillon émeraude m’a tourné autour

Je lui ai dit non je ne suis pas ta cible

Il m’a dit dommage je te parlais d’un voyage sans retour.

 

C’est ma mère qui m’a donné le goût du thé

J’ai cassé la théière j’ai traversé le cimetière

Les feuilles de menthe avaient la saveur de l’éternité

j’ai vidé mes poches pour vérifier si la nuit s’opposait encore à la lumière.

 

Platon s’est immergé dans la philosophie

La voisine disait que c’était pour sublimer la mort de Socrate

Elle s’est abîmée dans la photographie

En égarant son regard devant un échec et mat.

 

Je n’avais pas d’ami je n’ai jamais su faire cela

J’ai enterré mes chaussures pour les archéologues de l’avenir

Me disant qu’il fallait créer l’histoire qui n’existe pas

Et nu-pieds j’ai enfin foulé un espace sans souvenir.

 

D’un signe de tête le vieil homme m’a montré le papillon émeraude

Le goût du thé et de la menthe m'est revenu

Il n’était plus question de survivre en fraude

Ma voisine aveugle ne m’était plus inconnue.

 

Le vendeur de chaussures m’a donné des bottes

J’ai alors griffé la terre pour lui arracher de l’argile

J’avais perdu le goût des hyperboles et des litotes

Ma mère prit la forme du songe d'un papillon fragile.

 

Sans nostalgie mes mains ont tourné une théière

A ma voisine aveugle j’ai prêté mes yeux pour qu’elle voie ses photographies

Sur un signe du vieil homme elle les a enterrées dans le cimetière

Depuis que j’avais mangé la nuit je ne pensais plus à la philosophie.

 

 

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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Jean-Claude Moussey 30/11/2015 13:32

Wahoo!! quel souffle, puissant mon ami.