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L'étranger, un ennemi ou un ami...

L'étranger, un ennemi ou un ami...

Je rentre de Genève où j’ai été accueilli avec une extrême bienveillance par une équipe de tournage de la RTS. Mais on reparlera de cela en son temps, lors de la diffusion de l’émission TV « faut pas croire » dont le producteur est Emmanuel Tagnard.

Et cette émission fut une nouvelle opportunité de poser « un sourire sur la peur » -mots qui tombèrent sur mes lèvres au moment du décolage, en volant de nouveau en parapente avec mon incroyable et dévoué ami Yves Ballu.

En discutant le soir même dans un restaurant Genevoix avec le réalisateur Nicolas Palay, une sorte d’évidence s’est imposée à moi, nous vivons une époque où il semblerait que la Vie, plus que jamais, nous demande de choisir notre camp.

Je ne prendrai qu’un exemple, celui des milliers de migrants qui risquent leur vie pour tenter de vivre décemment en Europe. Et pour rafraîchir notre mémoire, souvent sélective, rappellons nous que dans un autre temps, pas si éloigné, nous les Européens, Espagnols, Français, avons migrés par milliers vers le Maroc et l’Algérie pour fuir le nazisme. C’est ce que font les migrants actuels qui fuient une autre forme de nazisme.

                             

Pour faire simple, face à ce désespoir en marche sous la forme d’êtres humains en état extrême de vulnérabilité, nous devons nous positionner ou alors faire la sourde oreille. Feindre la surdité devant ce déploiment d’infortune peut consister à croire que le monde serait autre chose que ce que nous en faisons. A partir d’une telle attitude irresponsable nous endossons alors le vêtement très arrangeant de victime, nous ne sommes en rien concernés par ce qui se trame dans le monde, nous sommes impuissants, le monde est autonome, il nous broie, c’est la faute de l’autre, soyons au bout du compte fataliste, ne pensons qu’à nous et à nos proches, les autres n’ont qu’à faire comme nous, cultiver leur égoïsme autiste. « Chacun pour soi et Dieu reconnaîtra les siens », une version religieusement correcte de je m’en lave les mains.

On peut aussi, en version religieuse, dire: c’est la volonté de Dieu, une autre manière de démissionner !

« L’absurdité écrit Albert Camus est surtout le divorce de l’homme et du monde ».

                                           

Pour ceux qui pensent comme moi que le monde est ce que nous en faisons, en relations, en manière de consommer, d’agir, de penser, etc… nous nous disons qu’il faudrait peut-être commencer à envisager de partager, et pas qu’en virtuel et sans conséquence comme sur facebook, notre temps, nos biens, nos espaces, nos idées, notre rebellion.

Je crois comme madame Fatou Diome que : « nous serons riches tous ensemble où on va se noyer tous ensemble ».

Pour moi ce constat nous force à choisir notre camp: je partage ou je ferme ma porte. Il y a là une possible crise et prise de conscience. J’interprête tout cela comme une invitation à éclairer les conséquences de nos comportements et de nos croyances.

Que l’on choisisse le camp du je me battrai pour conserver ce que je possède, pour avoir plus, ou celui de l’hospitalité, de la solidarité, j’ai l’impression qu’une conscience grandit et nous oblige à nous positionner, à nous affirmer et par-dessus tout à nous voir. Sans doute que le camp que nous choisissons dépend de nos histoires personnelles, d’où nous venons, de nos peurs, évidemment, de beaucoup de ce que nous renvoie les autres, les migrants, dans ce cas.

J’ai envie de conclure cette courte vignette par des mots qui ne disent pas ce qui est bien ou ce qui est mal. Ce ne sont peut-être pas nos choix qui sont le plus important, partager, fermer sa porte ou s’abîmer dans l’indifférence, mais la conscientisation, l’éclairage que nous y apportons, ou autrement dit, cesser d’agir inconsciemment.

L’étranger un ennemi ou un ami, choisissons notre camp.

Oui oui, il y a bien deux fraternités comme nous le raconte Nasreddin.

Un homme fit un jour observer, en présence de Nasreddin, qu'il devenait de plus en plus difficile de trouver des frères.

Nasreddin dit à cet homme:

"Si tu cherches un frère pour partager ton fardeau, il est vrai que les frères sont difficiles à trouver. Mais si tu es à la recherche de quelqu'un dont tu puisses partager le fardeau, ces frères-là ne manquent pas."

                                                                                 

 

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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delorme sophie 18/09/2015 10:05

Magnifique Jean Pierre
Plein de pensées
sophie de Messimy